Paroles paroles paroles

janvier 10, 2007

Rock’n'Roll Groupie

Classé dans : Uncategorized — cequemelodydit @ 3:30

I'm with the band

Puisqu’on ne peut pas lire que de la grande littérature ou des essais intelligents, j’ai cédé à la tentation de dévorer le rock’n'rollesque Confessions d’une groupie de Pamela Des Barres. Cette femme, née en 1948 à Los Angeles, raconte avec jubilation et nostalgie ses tribulations sur les boulevards de la cité des anges accompagnée par les plus grands monstres du rock qu’elle a cotoyé de très très près… La groupie numéro Un et muse de mecs comme Mick Jagger, Jimmy Page, Noel Redding (de The Jimi hendrix Experience), Chris Hillman (des Byrds), Franck Zappa, Alice Cooper, ou Keith Moon parle très cruement de ses virées sur Hollywood Boulevard.

De quoi rendre toutes les filles jalouses et les hommes salivants !

Cette lecture m’a replongé avec délice dans une période pas si lointaine où j’ai failli. Failli sombrer du côté groupie de la force! les guitares électriques ont bercé mes premiers émois adolecents, comme bon nombre de jeunes filles je bavais à la vue des ces hommes grandioses armés d’une guitare. Mes murs recouverts de posters adorés de mes idoles tatouées ne reflétaient pas tout. Je vais donc finir parvous conter ma presque-vie-de-groupie.

Épisode 1. Melody fait le pied de grue depuis quelques heures devant un POPB autour duquel s’agglutinent tout ce que Paris compte de freaks. Je vais re-re-revoir mes fav’4 à moi, les Red Hot. Les conversations de fans s’étiolent au fil du temps et les délires s’entrapinant les uns-les-autres, deux copines et moi décidont d’essayer de rentrer par les loges. Qui ne tente rien n’a rien. J’ai dix-sept ans, et la fleur aux dents je m’approche du vigile qui prend des poses de Cerbère devant les vestiaires. À cet âge là, je pense toujours qu’il suffit de demander gentiment les choses pour les obtenir. Donc je demande poliment s’il est possible que mes copines (jusque là si bavarde et soudainement prises de mutisme) et moi passions par les loges pour rencontrer nos idoles.

Et bien c’est possible, le bonhomme m’explique très clairement, le tout agrémenté de gestes, qu’il suffit de le suivre aux vestiaires et de lui servir le “dessert”.

La queue (métaphoriquement) entre les pattes je suis retournée à la queue (littéralement) et patientée jusqu’au concert.

Épisode 2. Melody s’éclate au concert des glorieux Jane’s Addiction, tend la main à un Perry Pharel ganté et corseté. Le sublime Dave Navarro tout fraîchement marié à la divine Carmen Electra use et abuse de sa guitare sanglée par Louis Vuitton. Je suis aux anges!

Mon sac gène un homme qui se faufile entre la scène et la fosse en délire. Il me demande dans un anglais teinté de l’accent californien si je m’amuse. Évidemment! Un de mes groupes préféré s’est reformé pour pondre un album de pur rock’n'roll (ils se sépareront -encore- peu après ce concert).

Je m’éclate et l’homme revient pour me tendre un autocollant que je fourre dans ma poche sans y faire attention.

Le show tout juste fini, je me tourne vers un pote et lui montre mon nouvel autocollant que je trouve plutôt joli. La mine déconfite il me demande par quel MIRACLE j’ai chopé un pass backstage !? Dans cette frénésie rock’n'roll je n’ai pas fait attention au visage de l’homme qui me l’a tendu. Je reste dans la salle longtemps après que tout le public soit sorti. L’homme en question se pointe des loges et se dirige vers moi. Il m’explique que je m’amusais visiblement et qu’en tant que manager des Jane’s Addiction il a décidé que je méritais ce pass…

Wow. Je fais donc partie des happy few et réalise que je vais finalement rencontrer les rocambolesques jane’s… Mon heure groupie approche à grands pas…

Steve quelquechose, le batteur sort finalement des loges et explique qu’ils doivent choper un avion pour Londres et que le groupe est désolé de devoir partir comme ça. Dave Navarro et Perry Pharel sortent la tête dans l’embrasure de la porte, font un signe de la main et partent.

Ca y est. Mon moment groupie est passé. C’est tout ?!?!

Et bien oui, les années 68-70 sont passées, en 2000, le rock est une industrie comme les autres et moi une petite fille qui rentre sagement dans son home sweet home !

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